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Une nation ignorée

Cher citoyens(nes) de la Nation Métis Québec   

L'heure de la Commission Bouchard-Taylor qui semble apporter son lot de questionnements sur les différentes cultures et ethnies qui s'installent au pays et sur les accommodements qui seront à faire ou non, que savez-vous de nous, les Métis? Nous sommes de France et d'Amérique, de tambours et de violons, nous sommes Métis, des Bois-brûlés. Nous existons depuis des siècles et vivons d'Est en Ouest du Canada, nous vivons discrètement et tentons de survivre. Car voyez-vous, nous sommes en voie d'extinction.

L'extinction guette les Métis. Depuis des siècles et des générations formées par les clans familiaux, nous vivons en vase clos. N'étant ni membres des Premières Nations, ni Canadiens français et ni Québécois, nous avons su naviguer entre ces deux cultures tout en évoluant et ce, avec notre pensée, nos traditions, notre spiritualité et notre langue : le méchif qui, elle aussi, se meurt.

Aujourd'hui, nous sommes essoufflés voire même épuisés. Nous vivons en marge de la société québécoise et canadienne non par choix mais, comme l'histoire l'a si souvent démontré, par l'oubli et surtout par l'ignorance de notre existence par nos voisins non-autochtones. Que savent-ils de notre histoire? Il semble qu'on ne leur ait rien raconté sur la Nation Métis et sur ceux qui en font partie. Un Métis est issu de parents Métis, d'une communauté et d'un clan de famille ayant toujours conservé, sans aucune rupture, son identité de Métis avec ses valeurs, son histoire, ses croyances et sa langue. Être un Métis ne relève pas que du fait d'affirmer être descendant d'une personne issue d'une Première Nation ou d'avoir une grand-mère indienne dans sa généalogie. Cette affirmation ne démontre pas une identité Métis; elle renvoie seulement à un métissage sanguin. Bien des Québécois, ainsi que des Canadiens et des gens des Premières Nations sont métissés de sang ce qui ne leur donne pas une identité Métis.

Au Québec, il existe beaucoup de ces personnes qui se font passer pour des autochtones et qui ont créé des organismes et des corporations de service, lesquels osent parler en notre nom. Ils utilisent à tort le titre de Métis en affirmant être Métis, membres de la Nation Autochtone de l'Alliance Autochtone (sic), d'indiens hors réserve, etc.

La plupart de ces personnes ne se sont jamais considérées comme des Métis dans le passé, sauf depuis la cause Powley*. De plus, leurs origines ancestrales sont bien souvent obscures et validées par des exercices généalogiques douteux. Elles sont pour nous de vrais usurpateurs. Elles nous causent un tort, elles, qui sans gêne et avec arrogance, revendiquent des droits Métis à partir des droits des Premières Nations . Ces personnes s'amusent à jouer aux «« petits indiens »» en affirmant être Métis . Le blocage de la route 117, au printemps dernier en est un bel exemple. De plus, elles se donnent toutes des titres comme : Président Grand Chef, Chef National, Chef Provincial, Chef Communautaire etc. Ce qu'elles ne savent pas, c'est que le titre de Chef n'existe pas dans le concept de la pensée des Métis. Il n'y a pas de chefs chez les Métis, il n'y a que des porte-paroles. Les titres de Chefs sont depuis toujours, le propre des Premîères Nations.

Certaines de ces organisations, qui regroupent des individus métissés, mais pas de vrais Métis, vont jusqu'à revendiquer des titres sur le territoire du Québec. L'une d'entre elle poursuit même les gouvernements du Canada et du Québec devant les Tribunaux afin de faire reconnaître ses revendications sur un territoire qui va de la Baie James au Labrador en englobant le Saguenay, le Lac St-Jean et la Côte-nord. Seulement dans l'est du Canada, les Métis ont toujours été des utilisateurs nomades d'un territoire dont le fond appartient d'abord aux Premières Nations. Ce sont elles, donc, qui possèdent un titre aborigène. Les Métis du Québec, les vrais, ne revendiquent pas le territoire.

La recherche d'un statut qui pourrait conférer d'éventuels avantages économiques, de même que la quête quasi ésotérique d'une identité autochtone est ce qui attire ces individus. Ils nous éclipsent et tentent de s'approprier ce que nous sommes et ce qui nous reste: notre identité nationale et notre fierté.

Peut-on espérer un jour, en tant que Nation distincte, un support gouvernemental pour élever à juste titre la Nation Métis au rang des Nations autochtones sur le territoire du Québec. Peut-être aurions-nous besoin d' accommodements raisonnables, à l'instar des différentes groupes culturels qui habitent notre territoire. Les gouvernements, mais aussi les Premières Nations, ne pourraient-ils pas nous aider à nous protéger de ceux qui s'accaparent de nos droits, de notre langue, de notre culture, de notre spiritualité ...et ce afin d'assurer notre survie.

*L'arrêt Powley de la Cour Suprême du Canada (2003) conférait un statut de Métis à un clan ontarien qui a pu, dès lors, bénéficier des avantages accordés aux autochtones par la loi constitutionnelle de 1982.

Claude Aubin et Claude Riel-Lachapelle
Porte-paroles de la Nation Métis au Québec


Lettre aux Chefs

Lettre envoyée à touts les Chefs et Grand Chefs des Premières Nations exprimant la position de la Nation Métis Québec sur la question des revendications territoriales.

Île du Grand Calumet , le 30 novembre 2007

Honorable Chef ,

Par la présente, la Nation Métis du Québec désire vous informer qu'elle n'entend faire la demande d'aucune revendication territoriale. Des revendications sont formulées par des organismes corporatifs soi-disant autochtones, desquels la Nation Métis se dissocie complètement.

La Nation Métis du Québec supporte avec respect les Premières Nations dans leurs revendications territoriales. La Nation Métis au Québec reconnaît ainsi la validité des titres des Premières Nations et n'entend pas revendiquer quelque territoire que ce soit.

La Nation Métis du Québec ne désire que négocier, en partenariat, avec les Premières Nations, le gouvernement du Québec et le gouvernement du Canada, des accommodements territoriaux pour permettre aux Métis de continuer à pratiquer leurs activités traditionnelles, et ce, sans nuire aux revendications territoriales des Premières Nations.

La Nation Métis du Québec reconnaît selon des principes de gouvernance, la juridiction des 11 Premières Nations envers toute leur population vivant dans et hors les réserves et ce sur l'ensemble de leurs territoires ancestraux.

La Nation Métis du Québec n'a aucune intention de s'ingérer dans l'appartenance et les affaires internes des Premières Nations, encore moins empêcher ou nuire à leurs revendications territoriales et à la reconstruction de leurs Nations selon les concepts de l'autonomie gouvernementale basée sur les droits ancestraux des Premières Nations.

Aujourd'hui, la Nation Métis du Québec, depuis son témoignage devant la Commission Royale sur les Peuples Autochtones en 1993, est en pleine réorganisation. Une reconnaissance nationale permettra d'ériger la Nation Métis au titre de 12ième nation autochtone sur le territoire du Québec, pour devenir la seule entité responsable des Métis. La Nation Métis du Québec demande la place qui lui revient dans le cercle des Autochtones du Québec.

Pour terminer, il faut se souvenir que la Nation Métis du Québec forme une nation distincte, possédant sa propre histoire, sa culture et ses règles de gouvernance tout comme les Premières Nations et les Nations Québécoise et Canadienne.

Veuillez agréer, Chef, nos plus sincères et distinguées salutations.

Claude Riel-Lachapelle
Claude Aubin

Porte-paroles de la Nation Métis du Québec
29 chemin Tancrédia, C.P. 89 Ile-du-Grand-Calumet (Qc)
J0X 1J0

 

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